Obésité

L'augmentation rapide de l'obésité, avec aggravation du gradient social conduisant à un rapport de 1 à 4 de sa prévalence entre les milieux favorisés et défavorisés, souligne l'importance des déterminants sociaux et économiques. L'évolution des connaissances sur les mécanismes fondamentaux de la maladie met en exergue la nécessité de mieux comprendre la physiologie et la physiopathologie des différents tissus adipeux (blanc et brun) en fonction de leurs sites de dépôt (abdominal, mésentérique, péri-coronaire et épicardique, musculaire, hépatique). Il faut désormais analyser l'obésité en termes d'anomalies des tissus adipeux et des signaux produits par ceux-ci. De nouvelles méthodes d'imagerie tissulaire doivent être développées dans ce cadre.

 

insermAutre dimension d'importance, les effets de facteurs « non caloriques », comme les polluants et médicaments, certains nutriments, la flore intestinale ou les agents infectieux. La recherche doit s'intéresser aux différentes dimensions de cette maladie de société, mobiliser conjointement les sciences biologiques et les sciences sociales, miser résolument sur l'interdisciplinarité : analyser les déterminants et conséquences des inégalités sociales de santé, le rôle de l'évolution des modes de vie, expérimenter de nouvelles stratégies préventives et thérapeutiques dans le monde réel, étudier les mécanismes moléculaires de la prise alimentaire, du développement des dépôts de tissu adipeux, comprendre les liens entre obésité(s) et maladies cardiovasculaires, diabète, fertilité, inflammation et cancers.

 

L'étude de l'impact des changements environnementaux sur les régulations épigénétiques est essentielle.

 

Il faut souligner les interactions fortes avec la recherche cardiovasculaire et diabétologique, en particulier au travers de l'étude du métabolisme lipidique. De nouveaux acteurs doivent être pris en compte en particulier la contribution de l'intestin, et singulièrement de la flore intestinale, dans la régulation du métabolisme énergétique et de l'inflammation à bas bruit. Enfin, l'étude de la complexité des phénomènes liés au macro- et au micro-environnement nécessite la poursuite des approches bioinformatiques pour prendre en compte la complexité des nouveaux phénotypes intégratifs.

Les axes nécessitant un fort investissement en recherche :

  • Recherche des interactions entre biologie, comportement et environnement, en particulier sur le rôle de la flore intestinale (microbiote), axe dans lequel les équipes de l'INRA sont des leaders internationaux ;
  • Etude des différents tissus adipeux et des dialogues inter-organes : différenciation, métabolisme, sécrétions (adipokines), relations avec l'inflammation systémique (impact sur les complications métaboliques cardiovasculaires, rénales), et recherche sur les autres maladies du tissu adipeux (lipodystrophies) ;
  • Développement de l'imagerie métabolique et tissulaire ;
  • Recherche bioinformatique sur le traitement et l'intégration des données complexes issues de l'étude du macro- et du micro-environnement ;
  • Etudes translationnelles incluant de nouvelles cibles thérapeutiques et nutraceutiques, et les essais cliniques innovants médicamenteux ou comportementaux (activité physique et alimentation) ;
  • Analyse des déterminants sociaux, environnementaux, comportementaux, et des inégalités sociales de santé ;
  • Analyse et évaluation des politiques publiques.

Principaux sites franciliens : Bobigny, Les Cordeliers, Cochin, La Pitié Salpêtrière, Saint-Antoine, Ambroise Paré; équipes de sciences humaines et sociales (Villejuif, Bobigny, Inra Ivry, ENS, Chaire Santé de Sciences Po)