Profil laboratoire Camerer

L'équipe Avenir rattachée à l'unité Inserm U970 du Paris-Centre de recherche cardiovasculaire1 concentre ses efforts sur la découverte et la compréhension des multiples rôles joués par les protease-activated-receptors (PARs), récepteurs membranaires des cellules mammifères. Mis en place en 2009, le laboratoire a petit à petit pu s'équiper du matériel indispensable à ses recherches grâce à une bourse CODDIM, qui finance aussi le travail d'un des post-doctorants de l'équipe.

A ce jour, quatre récepteurs PARs ont été identifiés, par une équipe du Cardiovascular Research Institute de l'Université de Californie. Les PARs fixent les protéases, des protéines enzymatiques. Les protéases sont généralement considérées comme des agents qui dégradent les protéines, et moins comme des messagers cellulaires. Cependant, il a été montré que les PARs jouent un rôle dans diverses voies de signalisation intervenant dans des mécanismes cardiovasculaires. Ainsi, ils sont impliqués dans le processus d'hémostase (qui permet d'interrompre le saignement pour éviter l'hémorragie), dans le développement vasculaire, mais aussi dans l'apparition de pathologies telles que la thrombose, c'est à dire la formation de caillots sanguins.

« Ces rôles sont importants, mais je soupçonnais que les PARs étaient forcément impliqués dans d'autres fonctions, explique Eric Camerer, directeur de l'équipe Avenir et ancien post-doctorant au sein de l'équipe californienne. En effet, les PARs font parti d'une grande famille de récepteurs, dont les voies de signalisation peuvent se chevaucher, se masquer... Il est donc important d'explorer leur fonctionnement à travers de nouvelles approches, qui nous révèleront plus d'informations ».

Ainsi, Camerer et deux post-doctorants, Boubacar Mariko et Marie Rouanet Gueguen, cherchent à découvrir la panoplie des différentes protéases qui se fixent sur ces récepteurs. Ils explorent aussi les possibles interactions avec d'autres récepteurs de la même grande famille, les récepteurs au lipide sphingosine-1-phosphate (S1P). De manière plus globale, l'équipe étudie une nouvelle fonction des PARs et des récepteurs au S1P, qui agiraient de concert dans la régulation de la perméabilité des vaisseaux sanguins. Ils semblent protéger les vaisseaux contre une perméabilité excessive au cours de pathologies tel que le choc anaphylactique, un état dans lequel l'organisme, réagissant à un danger extérieur, produit une réaction disproportionnée et toxique pour lui-même.

Grâce au financement CODDIM, le laboratoire s'est récemment doté d'une plateforme de technologies de biologie moléculaire de pointe. Parallèlement, les chercheurs ont acquis des instruments sophistiqués, comme l'ECIS Z02 qui permet d'analyser différents comportements cellulaires. Il est utilisé notamment pour l'étude de la fonction de barrière endothéliale. L'achat d'un lecteur cellulaire automatisé, le Flexstation33, rendra aussi possible la détection des signaux intra-cellulaires et l'activité des protéases. « Ce matériel va vraiment faire une différence dans notre capacité à atteindre nos buts », note Camerer.